En bref : oui, pour tous les deux
Oui, l’alcool agit sur la fertilité des deux. Une méta-analyse de 2017 (Scientific Reports, en anglais) sur 19 études et 98 657 femmes a trouvé chez celles qui buvaient 13 % de chances en moins de concevoir par cycle.
Pour les hommes, la Haute Autorité de santé (HAS) écrit en 2026 que « la consommation d’alcool altère la fertilité des hommes et des femmes ».
L’effet augmente avec la quantité. La plupart des études sont observationnelles : elles montrent un lien, pas une preuve.
Ce que disent les études, en un coup d’œil
Boire est associé à moins de chances de concevoir chez elle et à un sperme moins bon chez lui ; l’effet augmente avec la quantité.
| Affirmation | Ce que montre la recherche | Solidité des preuves |
|---|---|---|
| Boire réduit les chances de concevoir à chaque cycle | 19 études observationnelles, 98 657 femmes : 13 % de chances en moins par cycle ; 23 % en moins au-delà de 12,5 g par jour (environ 1,25 verre standard). (Fan 2017) | Modérée |
| Quelques verres par semaine ruinent tes chances | 6 120 Danoises qui essayaient naturellement : moins de 14 portions danoises par semaine (bière de 330 mL ou vin de 120 mL) « semblait n’avoir aucun effet décelable sur la fertilité » (notre traduction). (Mikkelsen 2016) | Non démontré |
| Boire beaucoup et régulièrement abîme le sperme | 1 221 Danois de 18 à 28 ans : sperme moins bon dès plus de 5 unités danoises par semaine (plus de 60 g, soit plus de 6 verres standard) ; concentration inférieure de 33 % au-delà de 40 unités (plus de 480 g, soit plus de 48 verres). Étude transversale. (Jensen 2014) | Modérée |
| Rester dans les repères français (10 verres par semaine) abîme le sperme | HAS : arrêt par précaution. 15 études, 16 395 hommes : sperme moins bon surtout chez les buveurs quotidiens, pas occasionnels (Ricci 2017). | Faible |
| Les nouveaux spermatozoïdes mettent environ deux mois à arriver | 11 hommes à numération normale : les nouveaux spermatozoïdes ont atteint l’éjaculat après 64 jours en moyenne (de 42 à 76). (Misell 2006) | Modérée |
| Boire réduit les chances de réussite d’une FIV | 26 922 femmes et/ou partenaires en FIV ou ICSI : 84 g par semaine (environ 8 verres standard) associés à des cotes de grossesse inférieures de 7 % (femmes) ou de naissance vivante inférieures de 9 % (partenaire, quand l’homme buvait) (Rao 2022). 1 708 Danoises et partenaires : aucun lien à des niveaux faibles à modérés (Lyngsø 2019). | Modérée (mitigée) |
Sources : Fan 2017 ; Mikkelsen 2016 ; Jensen 2014 ; Ricci 2017 ; HAS 2026 ; Misell 2006 ; Rao 2022 ; Lyngsø 2019 (études en anglais). Verre standard français : 10 g d’alcool pur (Santé publique France) ; unité danoise : environ 12 g.
Pourquoi l’alcool pourrait-il agir sur la fertilité ? (Les hormones, une hypothèse)
Les mécanismes ne sont pas établis, mais une hypothèse est que l’alcool perturbe les hormones reproductives des deux partenaires. Chez elle, il pourrait décaler les hormones de l’ovulation ; chez lui, l’étude danoise sur 1 221 jeunes hommes présentée plus bas l’a associé à des variations de la testostérone et de la SHBG.
L’alcool agit-il sur l’ovulation et la fertilité de la femme ? (Que signifient les 13 %)
Oui, en moyenne : les femmes qui boivent ont environ 13 % de chances en moins de concevoir à chaque cycle. Dans la méta-analyse de Fan (en anglais), jusqu’à 12,5 g par jour (environ 1,25 verre standard) : 11 % de moins par cycle ; au-delà, 23 % de moins.
👉 Baisse relative, pas de 23 points de pourcentage. Mais elle s’applique chaque mois où tu essaies.
Mais une étude du BMJ sur 6 120 Danoises (en anglais) qui essayaient naturellement n’a pas trouvé d’effet net sous 14 portions par semaine (bière de 330 mL ou vin de 120 mL, pas un verre standard français). Ce n’est pas un feu vert : la HAS recommande, par précaution, d’arrêter l’alcool dès l’intention de concevoir.

Alcool et spermatozoïdes : nombre, qualité et récupération
Oui : une consommation importante et régulière est associée à moins de spermatozoïdes (concentration, nombre total) et moins de formes normales. Une étude de 2014 sur 1 221 Danois de 18 à 28 ans (BMJ Open, en anglais).
Un sperme moins bon apparaissait au-delà de 5 unités danoises par semaine (environ 12 g chacune) : plus de 60 g, soit plus de 6 verres standard.
Au-delà de 40 unités danoises (plus de 480 g, soit plus de 48 verres standard), la concentration était inférieure de 33 % à celle des hommes en buvant 1 à 5. Étude instantanée : un lien, pas une cause.
Les études divergent : une méta-analyse de 2017 (15 études, 16 395 hommes) (en anglais) a trouvé un sperme moins bon surtout chez les buveurs quotidiens, pas occasionnels ; Jensen en voit dès environ 60 g par semaine.
Récupération, preuves minces : un cas clinique français (en anglais) a vu le sperme d’un gros buveur redevenir normal en moins de trois mois d’arrêt.
L’alcool agit-il sur la FIV et les traitements de fertilité ? (Les preuves sont mitigées)
Peut-être, à partir d’environ 8 verres standard par semaine, mais les études divergent à des niveaux plus faibles. Une méta-analyse de 2022 (en anglais) en FIV et ICSI (26 922 femmes et/ou partenaires) a associé 84 g d’alcool par semaine à des cotes de grossesse inférieures de 7 % chez les femmes.
Dans une étude américaine sur 2 545 couples (en anglais) en FIV, les femmes buvant 4 verres américains ou plus par semaine avaient des cotes de naissance vivante inférieures de 16 % à celles en buvant moins de 4.
Mais une étude danoise sur 1 708 femmes en traitement (en anglais) n’a trouvé aucun lien à des niveaux faibles à modérés.
Combien de temps avant les essais faut-il arrêter de boire ? (La règle des trois mois)
Pour elle comme pour lui, la HAS recommande d’arrêter l’alcool dès l’intention de concevoir. Pour lui, prévois environ trois mois avant les essais. Santé publique France : « il est donc recommandé de ne pas boire d’alcool pendant la grossesse, voire dès le projet d’enfant »
Les nouveaux spermatozoïdes mettent environ deux mois à arriver : dans une étude sur 11 hommes à numération normale (en anglais), 64 jours en moyenne. Trois mois sont une marge raisonnable, pas un chiffre mesuré.

Pour ce que ça vaut, on a arrêté de boire tous les deux pendant trois mois avant de commencer à essayer. Pas seulement l’un de nous. Les deux.
À quoi ressemblent 10 verres standard par semaine ?
Un verre standard contient 10 g d’alcool pur. Repère français : 10 verres standard par semaine au maximum, 2 par jour au plus, au moins 2 jours sans alcool (Santé publique France, Alcool Info Service).
- Ballon de vin de 10 cl à 12° : 1 verre standard
- Demi de bière de 25 cl à 5° : 1 verre standard
Pour elle, le plus sûr est de ne pas boire du tout : les scientifiques ne savent pas indiquer un niveau sans risque pour le bébé. À défaut, la HAS rappelle que toute baisse, à tout moment, est bénéfique.

« J’ai bu avant de savoir que j’étais enceinte » : et maintenant ?
Arrête dès que tu le sais, et essaie de ne pas paniquer. Selon Alcool Info Service, si tu n’as bu que pendant les 4 semaines suivant tes dernières règles, cela n’aura pas d’impact sur ton bébé. Ensuite, si tu as bu une seule fois plus de 4 verres ou moins d’un verre par jour, les spécialistes sont rassurants si tu arrêtes, avec un suivi de grossesse attentif. Au-delà, parles-en aux soignants qui suivent ta grossesse (gynécologue, sage-femme).
Une méta-analyse de 2019 (en anglais) de 24 études et 231 808 femmes enceintes a trouvé un risque de fausse couche un peu plus élevé en cas de consommation pendant la grossesse (odds ratio 1,19). Elle ne portait pas sur la consommation avant la grossesse.
Tu as bu pendant les deux semaines d’attente et tu t’inquiètes ? Parles-en à une sage-femme ou à ton médecin.
Alcool et fertilité : questions fréquentes
Un homme peut-il boire de l’alcool quand on essaie de concevoir ?
La HAS recommande d’arrêter toute consommation dès l’intention de concevoir, pour lui aussi. Une étude danoise sur 1 221 jeunes hommes a associé plus de 60 g par semaine (plus de 6 verres standard) à un sperme moins bon.
Combien de temps faut-il arrêter de boire avant d’essayer de concevoir ?
Pour elle comme pour lui, la HAS recommande l’arrêt dès l’intention de concevoir (Santé publique France : pas d’alcool pendant la grossesse, « voire dès le projet d’enfant ») ; les nouveaux spermatozoïdes mettent environ deux mois à arriver (64 jours en moyenne, 11 hommes). Trois mois sont une marge raisonnable.
Que se passe-t-il si on boit pendant les deux semaines d’attente ?
Cela peut réduire les chances de ce cycle. Une étude sur 413 femmes (1990 à 1994, en anglais) a associé 3 à 6 verres par semaine après l’ovulation (pas des verres standard) à des cotes de conception plus faibles. Si tu es enceinte, arrête : Alcool Info Service rassure pour les 4 premières semaines après les dernières règles.
Peut-on quand même concevoir quand on boit de l’alcool ?
Oui. Pour la plupart, boire est associé à moins de chances par cycle, pas à une impossibilité de concevoir ; une consommation très importante peut arrêter la production de spermatozoïdes. Dans une étude danoise sur 6 120 femmes, 69 % sont tombées enceintes en 12 cycles de suivi au plus.
Arrêter l’alcool augmente-t-il le nombre de spermatozoïdes ?
Peut-être, surtout après une forte consommation, mais les preuves directes sont minces. Des Danois buvant plus de 480 g par semaine avaient une concentration inférieure de 33 % à celle de ceux buvant 1 à 5 unités ; un cas clinique a vu le sperme d’un gros buveur redevenir normal en moins de trois mois.
Ce n’était pas une question de volonté. C’était de le faire ensemble.
L’alcool agit sur la fertilité des deux : réduire ensemble marche le mieux.
Si tu n’es pas enceinte après 12 mois de rapports non protégés, consulte : la HAS prévoit alors une exploration, dès 6 mois si la femme a 35 ans ou plus, l’homme 45 ans ou plus, ou en cas de problème connu. Pour arrêter l’alcool, parles-en à ton médecin traitant ou appelle Alcool Info Service au 0 980 980 930 (appel anonyme). Si tu bois très régulièrement, ne t’arrête pas d’un coup sans avis médical : le sevrage peut être délicat, et le delirium tremens « peut être mortel et nécessite une hospitalisation en urgence ». Appelle le 15 (ou le 112) sans attendre en cas de symptômes graves : hallucinations, tremblements intenses, convulsions.
Pour aller plus loin : nos guides pour tomber enceinte
- 9 façons naturelles de booster ta fertilité
- Comment améliorer la qualité du sperme naturellement
- Symptômes pendant les deux semaines d’attente