Le saignement d’ovulation est un petit spotting au milieu du cycle, et il est le plus souvent sans gravité. Suzanne Dat, gynécologue médicale chargée de la formation continue de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale (FNCGM), le décrit ainsi dans un article repris par la FNCGM : « Ils laissent de petites traces au fond de la culotte et ne sont pas continus. Ils ne durent généralement pas plus de deux jours » (FNCGM, Saignement ovulation).
C’est aussi moins fréquent que ce que laisse croire internet. Dans la meilleure étude dont on dispose, seulement 4,8 % des femmes ont eu un saignement au milieu du cycle (étude BioCycle, en anglais). Et pour l’Assurance Maladie, un saignement en dehors des règles relève d’« un avis médical nécessaire » (ameli, Saignements entre les règles : quand consulter ?).
Les deux choses sont donc vraies. Le spotting d’ovulation existe et se décrit, mais même Suzanne Dat précise qu’« aucun examen ne peut prouver le lien entre douleur, saignement et ovulation ». Un saignement au milieu du cycle reste donc à faire vérifier, pas à diagnostiquer soi-même à partir d’un blog. Celui-ci compris.
Je sais ce que fait un peu de rose sur le papier toilette à la tête quand on essaie de concevoir. Est-ce la nidation ? Y a-t-il un problème ? Quand nous avons commencé nos essais, je ne savais pas où se situait ma propre fenêtre d’ovulation, alors je sais à quel point il est difficile de lire son propre cycle. Ce qui suit repose seulement sur ce qui a une vraie source, et je dis où la recherche est mince. Elle l’est par endroits.
Le saignement d’ovulation est-il normal, et à quelle fréquence arrive-t-il ?
Le saignement d’ovulation existe et il est le plus souvent sans gravité, mais il est peu fréquent : environ 1 femme sur 20. Dans la meilleure étude prospective, 4,8 % des femmes ont eu un saignement au milieu du cycle, dans 2,8 % des cycles suivis.
Ce chiffre vient de l’étude BioCycle, publiée par Dasharathy et ses collègues dans l’American Journal of Epidemiology en 2012 (en anglais). 250 femmes en bonne santé, âgées de 18 à 44 ans, ont tenu un journal quotidien, 220 d’entre elles pendant deux cycles et 30 pendant un cycle, soit 470 cycles en tout. 12 d’entre elles ont eu un saignement au milieu du cycle, 11 une seule fois.
Les limites comptent. Toutes les femmes déclaraient des cycles réguliers de 21 à 35 jours. Le spotting désignait des jours de saignement isolés en dehors des règles, sans lien avec un jour d’ovulation confirmé. Et les auteurs signalent que des femmes qui ont du spotting se sont peut-être jugées irrégulières et ne se sont jamais inscrites.
Donc 4,8 % est le meilleur chiffre disponible, pas un chiffre parfait. Niveau de preuve : modéré. Des études plus anciennes et plus faibles suggèrent un peu plus. Tu verras aussi « environ 8 % » en ligne, le plus souvent sans source. Le chiffre traçable le plus proche vient d’une étude américaine de 2010 sur 74 femmes de 18 à 40 ans qui essayaient de concevoir (en anglais), citée dans la discussion de Dasharathy : 6 de leurs 74 premiers épisodes de saignement enregistrés, soit 8 %, étaient du spotting seul. Cela compte des saignements de type spotting, pas des saignements d’ovulation, donc ce chiffre n’est pas utilisé ici.
Ce que la plupart des articles sautent : la page de l’Assurance Maladie sur les causes des saignements entre les règles ne cite pas le saignement d’ovulation. Ses causes fréquentes sont le déséquilibre hormonal (dont la contraception hormonale), les polypes et fibromes de l’utérus et les infections gynécologiques. Pour la contraception progestative, elle note des saignements « souvent modérés (spotting) », et pour la chlamydia, une infection sexuellement transmissible (IST), l’ameli décrit de « petits saignements après les rapports sexuels ou entre les règles (spotting) » (ameli, Infections à Chlamydia).
👉 Le plus souvent sans gravité ne veut pas dire sûr par défaut.
Qu’est-ce qui provoque le saignement d’ovulation, et à quoi ressemble-t-il ?
L’explication la plus avancée est une brève baisse des œstrogènes autour de l’ovulation, une hypothèse et non un mécanisme prouvé. À quoi il ressemble est mieux établi : une petite quantité, pendant 1 ou 2 jours.
La théorie :
- Les œstrogènes (œstradiol) montent dans la période qui précède l’ovulation
- → ils atteignent un pic, puis baissent
- → selon la théorie, cette courte baisse laisse se détacher une très petite quantité de muqueuse de l’utérus
- → un ou deux jours de léger spotting
Une étude du groupe de travail de l’OMS de 1980 (en anglais) situait le pic d’œstradiol à une médiane de 24 heures avant l’ovulation : la baisse commence donc avant l’ovulation et se poursuit pendant. La cause est moins certaine. La terminologie menstruelle internationale de la FIGO, reprise en 2022 par Chodankar, Munro et Critchley (en anglais), classe un petit saignement de milieu de cycle prévisible comme un profil à part, mais dit seulement qu’il peut être physiologique et peut être lié à cette baisse. Et dans l’étude BioCycle (en anglais), les 12 femmes qui ont eu du spotting avaient une LH plus élevée autour de l’ovulation (P < 0,05) et des œstrogènes plus élevés autour de l’ovulation et pendant la phase lutéale, même si cette différence d’œstrogènes n’atteignait que P < 0,10. Les auteurs jugent 12 femmes trop peu pour comparer correctement les profils hormonaux : cela ébrèche l’histoire simple de la baisse plutôt que de la réfuter. L’idée que le sang vienne de la rupture du follicule n’a aucune étude primaire derrière elle.
La FIGO décrit une petite quantité de saignement ou de pertes, et l’épisode médian de l’étude BioCycle a duré 1 jour. Je n’ai pas trouvé d’étude qui ait mesuré un volume, ni d’étude primaire qui rapporte la couleur. Le rose, le rouge clair ou parfois le brun dont on lit la description vient de l’avis de cliniciens, pas de la recherche. L’Assurance Maladie décrit, elle, le spotting en général (pas celui de l’ovulation) comme un saignement « de faible abondance, souvent brunâtre » (ameli, Saignements gynécologiques anormaux).
Il peut apparaître mêlé aux pertes d’ovulation : le CNGOF explique qu’au milieu du cycle, la glaire est « comme du blanc d’œuf et peut être abondante » (CNGOF, Les ennuis et maladies gynécologiques). Il peut aussi s’accompagner d’une douleur d’ovulation. Ces signes sont traités dans notre guide sur les vrais symptômes de l’ovulation.
Saignement d’ovulation, saignement de nidation ou règles : comment les distinguer ?
C’est le moment du cycle qui les distingue, pas la couleur. Le saignement d’ovulation tombe au milieu du cycle, le saignement de nidation survient vers dix jours après la fécondation et peut faire croire à des règles (Vidal), et les règles marquent le jour 1 d’un nouveau cycle.
| Saignement d’ovulation | Saignement de nidation | Règles | |
|---|---|---|---|
| Moment du cycle | Milieu du cycle. La phase lutéale dure généralement de 12 à 16 jours (ameli), donc l’ovulation tombe environ 12 à 16 jours avant les règles suivantes. Déclencheur proposé : la baisse d’œstradiol après son pic d’avant l’ovulation (Chodankar 2022). | Vers dix jours après la fécondation, et cela peut faire croire à des règles (Vidal). La nidation elle-même survient 6 à 12 jours après l’ovulation, dont 84 % aux jours 8 à 10 (Wilcox 1999). Le saignement tombait rarement le jour de la nidation, mais plutôt vers le moment où les règles étaient attendues (Harville 2003, en anglais). | Jour 1 du cycle. Le cycle dure en moyenne 28 jours, et l’intervalle entre les règles est en général de 21 à 35 jours (ameli). |
| Couleur | Pas de bonnes données. Aucune étude primaire ne rapporte la couleur. Rose, rouge clair ou parfois brun relève de l’avis de cliniciens seulement. | Pas de bonnes données propres à la nidation. Tous les épisodes du premier trimestre : brun 43,5 %, rose 31,0 %, rouge 25,4 % (Hasan 2010, en anglais). | Non précisée par l’ameli. Je n’ai pas trouvé de source française sur la couleur des règles. |
| Quantité | Faible (Chodankar 2022). De petites traces (FNCGM). Aucun volume mesuré. | En général plus léger et plus bref que les règles (Vidal). 75,6 % des épisodes du premier trimestre étaient du spotting seul (Hasan 2010, en anglais). Aucun volume mesuré. | Au-delà de 80 ml, les règles sont dites anormalement abondantes (ameli). Elles sont en général plus abondantes les 3 premiers jours (ameli). |
| Durée | 1 ou 2 jours, médiane de 1 jour (Dasharathy 2012, en anglais). Pas plus de deux jours en général (FNCGM). | Pas de bonnes données propres à la nidation. Vidal dit un jour ou deux en général, sans étude citée. Tous les épisodes du premier trimestre : 51,5 % ont duré 1 jour et 80,5 % 3 jours ou moins (Hasan 2010, en anglais). | 3 à 6 jours en général (ameli). |
| Fréquence | 4,8 % des femmes sur au plus deux cycles, 2,8 % des cycles (Dasharathy 2012, en anglais). Les estimations plus anciennes et plus faibles sont plus élevées. | Pas de bonnes données. 9 % des femmes (14 sur 151) ont saigné pendant les 8 premières semaines de grossesse (Harville 2003, en anglais). Environ un quart ont des saignements au premier trimestre (ameli ; 26,7 % dans Hasan 2010). Aucun de ces chiffres ne concerne la nidation en particulier. | Universelles dans les cycles ovulatoires : entre la puberté et la ménopause, des saignements normaux surviennent de façon cyclique, ce sont les règles (ameli). |
| Que faire | Fais vérifier tout saignement entre les règles : prends rendez-vous chez ton médecin traitant ou ta sage-femme (ameli). Note le jour du cycle, la quantité et la durée pour les apporter. | Fais un test de grossesse à partir du premier jour de retard de règles (Vidal, Les autres tests urinaires). Retard de règles, saignement inhabituel et douleur dans le bas-ventre : consulte un gynécologue en urgence ou appelle le 15 (ameli). Pendant une grossesse, tout saignement : contacte sans attendre ta sage-femme ou ton médecin (ameli). | Rien, sauf si tes règles deviennent très abondantes (plus de 80 ml), durent plus de 6 jours, perturbent ton quotidien ou disparaissent : l’ameli demande alors un avis médical. |
Sources, vérifiées en septembre 2026. Pages de l’Assurance Maladie sur les saignements gynécologiques anormaux, leurs causes, quand consulter, les règles et les saignements du premier trimestre ; Vidal, saignements vaginaux (page de 2014) ; Vidal, Les autres tests urinaires ; FNCGM. Études en anglais : Dasharathy et al. 2012, Chodankar et al. 2022, Wilcox et al. 1999, Harville et al. 2003, Hasan et al. 2010. « Pas de bonnes données » signifie qu’aucune étude primaire n’a mesuré ce point.
En clair : le saignement d’ovulation dure 1 ou 2 jours et a été observé chez 4,8 % des femmes, des règles durent 3 à 6 jours (ameli), et la nidation survient 6 à 12 jours après l’ovulation.

Les preuves sur le saignement de nidation lui-même sont faibles. Une seule étude, celle de Harville et ses collègues dans Human Reproduction en 2003 (en anglais), a daté la nidation par des dosages hormonaux quotidiens pendant que les femmes tenaient un journal de saignements. 14 femmes sur 151 (9 %) ont saigné pendant les 8 premières semaines de grossesse, vers le moment où les règles étaient attendues et rarement le jour de la nidation. Conclusion des auteurs (traduite de l’anglais) : « Nous n’avons trouvé aucun élément à l’appui de l’hypothèse selon laquelle la nidation peut provoquer un saignement vaginal. »
C’est une petite étude, donc le niveau de preuve est modéré, et Vidal cite bien la nidation parmi les causes des saignements de début de grossesse. Ce qui est solide, c’est que les saignements en début de grossesse sont fréquents : une femme enceinte sur quatre en a au premier trimestre (ameli), et 26,7 % des femmes de l’étude de Hasan 2010 (en anglais) en ont signalé, dont trois quarts sous forme de spotting seul, avec un pic vers les semaines 6 et 7, pas à la nidation.
Notre guide sur le saignement de nidation en dit plus. Seul un test répond à la question, et le bon moment est expliqué dans Quand faire un test de grossesse après l’ovulation.
À essayer : où en suis-je dans mon cycle avec ce spotting ?
Puisque le moment du cycle est l’indice utile, voici le calcul fait pour toi. D’après l’Assurance Maladie, la phase lutéale dure généralement de 12 à 16 jours, ce qui place l’ovulation environ 12 à 16 jours avant le début de tes prochaines règles. Dans un cycle de 28 jours, cela donne à peu près les jours 13 à 17 du cycle, en comptant le premier jour de tes règles comme jour 1. Dans un cycle de 21 jours, ce sont les jours 6 à 10, et dans un cycle de 35 jours, les jours 20 à 24. Des règles durent en général 3 à 6 jours (la barre les trace jusqu’au jour 7), et le saignement de nidation se situe vers dix jours après la fécondation. La fiche de la FNCGM parle du 14e jour du cycle : ce repère ne tient que pour un cycle de 28 jours, d’où ce calcul à partir de tes prochaines règles.
Indique la durée habituelle de ton cycle et le jour où tu as remarqué le spotting : la barre te montre à quoi ce moment correspond le mieux. C’est une estimation à partir de la seule durée du cycle et elle ne peut pas te dire la cause. Quoi qu’elle affiche, l’avis de l’Assurance Maladie reste valable : un saignement entre les règles demande un avis médical.
Où en suis-je dans mon cycle avec ce spotting ?
Indique la durée habituelle de ton cycle et le jour du cycle où tu as remarqué le spotting. La barre montre où ce jour se situe par rapport à ta fenêtre d’ovulation estimée et aux jours où tes règles sont attendues. Elle donne seulement une information sur le moment. Elle ne peut pas te dire la cause, et ce n’est pas un diagnostic.
Du premier jour de tes règles à la veille des suivantes. 21 à 35 jours.
Le jour 1 est le premier jour de tes dernières règles.
- Jours où des règles sont habituellement en cours (3 à 6 jours en général, barre tracée jusqu’au jour 7)
- Fenêtre d’ovulation estimée
- 3 derniers jours avant la date prévue de tes prochaines règles
- Règles attendues ou en retard
D’après des pages de l’Assurance Maladie (la phase lutéale dure généralement de 12 à 16 jours, donc l’ovulation tombe environ 12 à 16 jours avant les règles suivantes ; les règles durent en général 3 à 6 jours ; un saignement entre les règles demande un avis médical), l’étude BioCycle (Dasharathy et al., American Journal of Epidemiology, 2012), Wilcox et al. 1999 et Harville et al. 2003 (études en anglais). Les fenêtres sont estimées à partir de la seule durée de ton cycle : prends-les comme approximatives. Rien de ce que tu saisis n’est enregistré ni envoyé.
Le spotting d’ovulation change-t-il quelque chose pour tomber enceinte ?
Je n’ai pas trouvé d’étude qui ait testé si le spotting d’ovulation en particulier change tes chances de concevoir. Ce qui existe concerne les saignements entre les règles en général, et c’est mitigé. Dans la cohorte Time to Conceive, Crawford et ses collègues dans Fertility and Sterility, 2016 (en anglais), 549 femmes de 30 à 44 ans ont noté 1 552 cycles. Un cycle avec un saignement entre les règles avait moins de chances de se terminer par une conception (rapport de fécondabilité 0,23, IC à 95 % de 0,16 à 0,34) ; le cycle suivant en avait plus (1,61, IC à 95 % de 1,15 à 2,25). En clair : un saignement a rendu la conception moins probable ce mois-là, un peu plus probable le mois suivant. 93 % des saignements étaient lutéaux, pas au milieu du cycle : ce n’est donc pas un résultat sur le spotting d’ovulation. Une seule étude observationnelle. Niveau de preuve : modéré, et indirect.
Le seul résultat rassurant : dans l’étude BioCycle (en anglais), aucune des femmes qui ont eu du spotting au milieu du cycle n’était anovulatoire. Cela n’en fait pas un signe de fertilité, et le spotting est trop rare et trop mal situé dans le temps pour s’en servir de repère. Les tests LH urinaires et la glaire cervicale sont les repères les plus utilisés pour situer la fenêtre fertile, présentés dans Meilleur moment pour tomber enceinte. La position française est plus réservée que cet usage : la HAS écrit en 2026 que les tests mesurant la LH urinaire, le suivi de la température corporelle et les applications de suivi menstruel « manquent de fiabilité et ne peuvent pas être recommandées pour prédire l’ovulation et guider les rapports sexuels » (HAS, Santé sexuelle et reproductive, volet 1, recommandation R 28). La HAS ne se prononce pas sur la glaire cervicale.
Une étude américaine par questionnaire sur 3 941 femmes de 21 à 40 ans, Rowland et ses collègues dans Epidemiology, 2002 (en anglais), a trouvé que les saignements entre les règles, de toute sorte, pas spécifiquement les saignements d’ovulation, étaient associés à des antécédents d’infertilité. Étude transversale : une association, pas une cause. Niveau de preuve : faible. C’est une raison de faire vérifier des saignements répétés, pas de paniquer.
Quand consulter pour un saignement en milieu de cycle ?
En dehors des urgences, l’Assurance Maladie conseille de prendre rendez-vous chez ton médecin traitant ou ta sage-femme pour un saignement entre les règles. Elle demande de consulter un médecin gynécologue en urgence, ou d’appeler le 15, si tu as eu un retard de règles, que tu saignes et que tu as des douleurs dans le bas-ventre.
Un spotting isolé et léger au milieu du cycle, avec un schéma clair, est souvent de l’ovulation. Le faire vérifier compte surtout s’il est nouveau, s’il se répète, s’il est plus abondant qu’un spotting, s’il dure plus de deux jours ou s’il s’accompagne d’autres symptômes, parce que les autres causes se ressemblent : contraception hormonale, polypes ou fibromes, IST comme la chlamydia, grossesse débutante et, plus rarement, cancer du col de l’utérus ou de l’endomètre (ameli). Des pertes roses ou brunes entre les règles reçoivent le même conseil, quelle que soit la couleur : l’information de Fil santé jeunes reprise sur Santé.fr rappelle que ces saignements sont « en général sans gravité » mais qu’« il ne faut pas ignorer le saignement, surtout s’il a tendance à durer dans le temps ou à se répéter ».

Appelle le 15 (Samu) ou le 112, ou va aux urgences, si :
- Tu as un retard de règles, tu saignes et tu as des douleurs dans le bas-ventre, ou tu pourrais être enceinte et tu as des douleurs sévères au ventre, une douleur qui irradie dans l’épaule, ou une sensation de faiblesse. Pour l’ameli, un retard de règles avec saignement et douleurs pelviennes peut faire craindre une grossesse extra-utérine ou une fausse couche (quand consulter), et des douleurs abdominales sévères et persistantes qui peuvent irradier dans une épaule, avec un état de faiblesse, peuvent annoncer une rupture de la trompe (fausse couche et grossesse extra-utérine). Le diagnostic de grossesse extra-utérine est une urgence.
- Tu saignes abondamment, surtout avec un malaise ou une faiblesse, ou tu saignes avec de la fièvre. Si tu es enceinte ou peut-être enceinte : tu saignes avec des étourdissements, des nausées ou des vomissements, ou avec l’expulsion de tissus. L’ameli demande de consulter en urgence ou d’appeler le 15 dans ces situations (hors grossesse ; premier trimestre ; signes de choc). Passé 3 mois de grossesse, tout saignement impose d’aller immédiatement à la maternité qui te suit ou d’appeler les urgences (ameli, 2e et 3e trimestres).
Consulte sans attendre (ton médecin, ta sage-femme ou ton gynécologue ; le 15 si tu ne peux pas attendre) si :
- Tu as une douleur sévère au ventre autour de l’ovulation que les antalgiques n’ont pas soulagée, ou une douleur qui revient. Le CNGOF rappelle qu’une douleur pelvienne peut venir de l’appareil génital, mais aussi de la vessie, du rectum ou du bassin : c’est au médecin d’en chercher la cause (CNGOF).
- Tu es enceinte, ou tu penses l’être, et tu as le moindre saignement. Contacte sans attendre ta sage-femme ou ton médecin : l’ameli demande un bilan (examen, échographie, prise de sang) « dans un délai court », et Vidal écrit que tout saignement du premier trimestre « mérite une consultation médicale en urgence » (Vidal).
- Tu as un doute sur la gravité et tu ne peux pas joindre ton médecin. Appelle le 15 : c’est aussi l’entrée du Service d’accès aux soins, qui peut t’orienter quand ton médecin traitant n’est pas disponible (service-public.gouv.fr).
Prends rendez-vous chez ton médecin traitant, ta sage-femme ou un gynécologue, ou fais un dépistage, si :
- Tu saignes entre les règles ou après un rapport sexuel. Pour les IST, l’Assurance Maladie indique qu’un dépistage en laboratoire se fait sans ordonnance et sans rendez-vous, et que les personnes qui veulent la gratuité et l’anonymat s’adressent aux CeGIDD ; pour trouver le centre le plus proche, elle renvoie à Sida Info Service (0 800 840 800, appel anonyme et gratuit).
- Tu as aussi des pertes claires ou teintées de sang, des douleurs pendant les rapports, ou des douleurs dans le bas-ventre ou dans le bas du dos. Ils figurent dans la liste des symptômes du cancer du col de l’utérus de l’ameli, qui précise que ces symptômes « ne sont pas spécifiques » et « peuvent être dus à tout autre chose », mais qu’« il ne faut cependant pas les négliger ». Ils sont très fréquents et ne signifient pas forcément un cancer. Consulte.
- Tu penses attendre ton prochain frottis. En France, le dépistage du cancer du col de l’utérus est proposé de 25 à 65 ans : un frottis tous les 3 ans de 25 à 29 ans (après deux frottis normaux à un an d’intervalle), puis un test HPV tous les 5 ans de 30 à 65 ans. L’ameli le présente comme un examen de surveillance « en l’absence de symptômes », et devant un symptôme, elle écrit qu’« une consultation médicale est indispensable » (ameli) : n’attends donc pas ton prochain rendez-vous de dépistage.
À la consultation, on peut te proposer un test de grossesse (dosage de l’hormone bêta-hCG), une prise de sang et un examen gynécologique avec frottis si nécessaire, puis une échographie pelvienne, « un examen indispensable », et selon les résultats une hystéroscopie, une biopsie ou une IRM (ameli). Si on suspecte une infection, un dépistage des IST est possible. Prends des notes : jour du cycle, quantité, durée. L’Assurance Maladie indique aussi de consulter après 12 mois d’essais, ou après 6 mois d’essais si tu as plus de 35 ans, et des saignements répétés au milieu du cycle valent la peine d’être mentionnés à ce moment.
En vidéo : une gynécologue explique les saignements entre les règles
Si tu préfères regarder plutôt que lire, une gynécologue de la chaîne PUMS (une chaîne santé produite avec le studio vidéo d’Université Paris Cité, vidéo de mars 2024, 4 minutes 42) passe en revue les causes des saignements entre les règles, des fibromes et polypes aux cancers, et les examens possibles, comme l’hystéroscopie et l’échographie. Sa description parle des saignements entre les règles en général et ne mentionne pas l’ovulation, et je n’ai pas pu lire sa transcription. L’avis de l’Assurance Maladie, faire vérifier un saignement entre les règles, reste valable.
Saignement d’ovulation : questions fréquentes
Pourquoi est-ce que je saigne 2 semaines après mes règles ?
Cela dépend de ce que tu comptes. Deux semaines après le premier jour de tes règles, c’est à peu près l’ovulation dans un cycle de 28 jours, donc un ou deux jours de léger spotting à ce moment peuvent être un saignement d’ovulation. Deux semaines après la fin de tes règles, on est autour du jour 19 à 21, la phase lutéale, et c’est moins probablement de l’ovulation. L’Assurance Maladie cite comme causes fréquentes de saignements entre les règles le déséquilibre hormonal (dont la contraception hormonale), les polypes et fibromes et les infections gynécologiques comme la chlamydia, et elle conseille de prendre rendez-vous chez ton médecin traitant ou ta sage-femme.
De quelle couleur est le saignement de nidation par rapport au saignement d’ovulation ?
La couleur ne permet pas de les distinguer. Aucune étude primaire ne rapporte la couleur du saignement d’ovulation. Une étude américaine sur 1 656 épisodes de saignement du premier trimestre (en anglais) a trouvé 43,5 % de saignements bruns, 31,0 % roses et 25,4 % rouges, mais elle couvre tout le premier trimestre, pas la nidation en particulier. Le moment du cycle est l’indice utile : le saignement d’ovulation tombe au milieu du cycle, alors que la nidation survient vers dix jours après la fécondation et peut faire croire à des règles (Vidal).
Pourquoi est-ce que j’ai autant de pertes pendant l’ovulation ?
Davantage de pertes à l’ovulation est normal. Le CNGOF explique que les sécrétions augmentent avant l’ovulation, quand le col s’ouvre et sécrète une glaire destinée à recevoir les spermatozoïdes, et l’ameli précise que les œstrogènes agissent sur la consistance de cette glaire. Le CNGOF ajoute que ces sécrétions normales « ne s’accompagnent ni de brûlures, ni de démangeaison, ni de mauvaises odeurs ». Consulte ton médecin traitant, ta sage-femme ou un gynécologue si tes pertes changent de couleur, d’odeur ou d’aspect, s’il y en a beaucoup plus que d’habitude, ou si tu as aussi des démangeaisons, des brûlures en urinant, une douleur pelvienne ou des saignements entre les règles ou après un rapport (Santé.fr, ameli).
À quoi ressemblent les pertes d’ovulation avec du sang ?
Les pertes d’ovulation sont claires, mouillées et glissantes. Quand un peu de sang s’y mêle, on les décrit en général comme une glaire rosée ou légèrement striée, même si cela vient de l’avis de cliniciens, pas d’une étude. Ce que les preuves permettent d’affirmer, c’est une petite quantité, pendant 1 ou 2 jours, dans l’étude BioCycle (en anglais). L’Assurance Maladie cite, parmi les signes de la chlamydia, des pertes vaginales, des douleurs pelviennes et de petits saignements entre les règles, et Santé.fr décrit, pour la gonorrhée, des écoulements vaginaux jaunâtres ou sanguinolents et des maux de ventre : fais donc vérifier des pertes teintées de sang, nouvelles ou répétées.
À lire ensuite : nos guides sur le désir d’enfant
Voici les guides à lire ensuite :
- Saignement de nidation : à quoi il ressemble, quand il survient et ce qu’il faut savoir
- Les vrais symptômes de l’ovulation
- Meilleur moment pour tomber enceinte
- Quand faire un test de grossesse après l’ovulation